08.12.2007

Critique : La légende de Beowulf (Beowulf) de Alan Silvestri

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BEOWULF (Alan Silvestri) *** 

Robert Zemeckis est décidément un réalisateur curieux : ayant commencé sa carrière commerciale avec un ersatz sympathique d'Indiana Jones (A LA POURSUITE DU DIAMANT VERT), il nous donne quelque temps plus tard, une trilogie culte, celle du RETOUR VERS LE FUTUR dont les délires spatio-temporels tiennent encore la route aujourd'hui.

Suivent ROGER RABBIT, véritable challenge de mise en scène mêlant prises de vue réelles et animation, LA MORT VOUS VA SI BIEN, comédie fantastique inepte dans laquelle Bruce Willis et Meryl Streep cabotinent laborieusement et enfin FORREST GUMP, histoire émouvante, portée par la touchante interprétation de Tom Hanks.

Après ce film, il semble que Zemeckis n'est plus été le même, décidant tout à coup de sortir de son statut de bon faiseur et de faire des films "sérieux", ceux qui sont nommés aux oscars à la fin de l'année. CONTACT fait partie de ces films dont le postulat de départ (la communication avec les extraterrestres) ne peut donner lieu qu'à un résultat conventionnel, ce que le film est du début à la fin. APPARENCES marche sur les traces de Hitchcock mais n'est au mieux qu'un exercice de style à moitié réussi. Finalement, SEUL AU MONDE, par sa sécheresse et sa sobriété (la musique dans le fim apparaît très tardivement) se révèle le film le plus réussi et le moins prétentieux de Zemeckis depuis des années.

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L'annonce d'un film révolutionnaire utilisant la "performance capture" avait de quoi mettre l'eau à la bouche et laissait espérer le retour du "vrai" Zemeckis, celui qui avec ROGER RABBIT, avait réussi à combiner exploits techniques et narration. Au final, LE POLE EXPRESS n'est qu'un pétard mouillé : si le réalisateur nous gratifie de magnifiques plans impossibles à réaliser en tournage "live", le film est subermergé par la mièvrerie dans une histoire beaucoup trop classique.

Malgré ce coup d'épée dans l'eau, on ne pouvait être qu'enthousiaste à l'idée d'un second film de "performance capture" destiné cette fois aux adultes : avec BEOWULF, un nouveau défi artistique était lancé.

Malheureusement, BEOWULF se révèle être un échec artistique et commercial cuisant (en France, le bide est intégral, aux USA, il n'est pas sur que les recettes commerciales puissent rembourser son faramineux budget).

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que si les prouesses techniques sont (parfois) au rendez-vous (l'attaque du dragon est assez impressionnante), l'animation est quelquefois d'une laideur déconcertante empêchant toute indentification : les personnages semblent inexpressifs et figés, et les décors factices, ne valant guère mieux que ceux de SHREK 3 sorti cette année. 

Si l'on peut se satisfaire que Zemeckis n'ait pas fait un film familial (quelques plans gores et références sexuelles bien placées), on ne peut être que déçu par le traitement d'une histoire, certes moins conventionnelle que l'on pourrait croire, mais souvent sacrifiée au détriment du spectaculaire à tout prix.

Les morceaux de bravoure se succèdent ainsi un peu vainement et on a souvent l'impression d'être en plein milieu du dernier jeu vidéo à la mode : c''est d'ailleurs la froideur des images qui l'emporte à la fin du film au détriment de l'émotion, bien que le réalisateur essaye tant bien que mal de créer artificiellement des scènes qui se voudraient bouleversantes et qui ne sont à l'arrivée que ridicules ou bourrées de clichés.

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Le film échoue également à cause d'une direction d'acteurs inexistante, le prestigieux casting étant à la dérive : certains choisissent de surjouer en se réfugiant dans un cabotinage désastreux (Angelina Jolie, Anthony Hopkins, John Malkovich sont en roue libre et ont rarement été aussi mauvais), d'autres de prendre une mine affligée devant la qualité de leur prestation (Brendan Gleeson, Robin Wright Penn).

Le bilan est également mitigé à l'écoute de la musique d'Alan Silvestri qui ne fait elle aussi guère d'étincelles, confirmant le manque d'inspiration du compositeur qui n'a livré ces dernières années que des partitions fonctionnelles et oubliables (THE WILD, LA NUIT AU MUSEE). 

Là encore, le compositeur peine à se renouveler puisant généreusement dans ses précédents travaux et ne livre qu'un score routinier.

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Cette nouvelle composition s'organise autour d'un thème pour choeurs au lyrisme évocateur, qui rappelle ceux de VAN HELSING et du RETOUR DE LA MOMIE sans être aussi mémorable. Si ce thème grandiose est utilisé fréquemment tout au long de la musique (comme dans les superbes et flamboyants "I'am Beowulf" et "He Was The Best of Us"), il est malheureusement parfois sabordé lorsqu'il est accompagné de synthés et d'une guitare éléctrique, d'un mauvais goût redoutable ("Beowulf Main Title" ou "Beowulf slays the beast").

Les choeurs scandés et survoltés accompagnent également les morceaux d'action, vigoureux et énergiques à souhait (même si une fois encore l'emploi de rythmiques synthétiques déjà utilisées dans TOMB RAIDER 2 était dispensable), et viennent nous rappeler heureusement que même en mode mineur,  Silvestri reste professionnel jusqu'au bout de la baguette.

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Cet ensemble pratiquement entièrement voué à la testostérone est également entrecoupé - ce dont on ne se plaindra pas - par de tendres chansons de geste composées par Alan Silvestri et interprétées par Robin Wright-Penn et de mélodies envoûtantes associées au personnage d'Angelina Jolie ("The seduction", "The final seduction").
 
Inégale, la musique de Silvestri s'avère bien décevante par rapport aux attentes suscitées, le compositeur ne nous livrant qu'une partition correcte mais pas assez originale pour convaincre totalement et reste loin, très loin des classiques PREDATORJUDGE DREDD ou RETOUR DE LA MOMIE.
 

1. Beowulf Main Title (00:56)

2. First Grendel Attack (01:53) 

3. Gentle as She Goes (01:37), Performed by Robin Wright-Penn

4. What We Need Is A Hero (01:42) 

5. I'm Here To Kill Your Monster (01:49)

6. I Did Not Win The Race (02:18)

7. A Hero Comes Home (01:09), Performed by Robin Wright-Penn 

8. Second Grendel Attack (04:03) 

9. I Am Beowulf (04:34)

10. The Seduction (04:04)

11. King Beowulf (01:46)

12. He Has A Story To Tell (02:42)

13. Full Of Fine Promises (01:13)

14. Beowulf Slays The Beast (06:02)

15. He Was The Best Of Us (05:25)

16. The Final Seduction (02:26)

17. A Hero Comes In (End Credits Version) (03:13), Performed by Idina Menzel

Warner Records, 46 minutes 52 secondes 

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09.11.2007

La légende de Beowulf (Beowulf) - Alan Silvestri

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Le compositeur Alan Silvestri s'était fait discret ces derniers temps. Depuis VAN HELSING, pas grand-chose à se mettre à l'oreille, si ce n'est  deux bandes originales pour des films familiaux, THE WILD et LA NUIT AU MUSEE, musiques convenables mais mineures.

Quel plaisir alors de retrouver le compositeur sur BEOWULF pour un film qui s'annonce très excitant : déjà adaptée au cinéma de façon catastrophique par le passé (un sompteux nanar avec Christophe Lambert avec de la musique techno (!) en fond sonore), la légende du guerrier scandinave semble être traitée ici de manière plus respectueuse par le réalisateur Robert Zemeckis. On rappellera pour mémoire qu'il s'agit d'un film bénéficiant de la "performance capture", permettant de voir un casting de luxe tout en images de synthèse : Ray Winstone, Anthony Hopkins, Anjelina Jolie, John Malkovich...

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La musique s'annonce épique et musclée , renouant en cela avec les travaux les plus marquants du compositeur (JUDGE DREDD, LE RETOUR DE LA MOMIE et VAN HELSING notamment). On notera qu'il s'agit de la douzième (et fructueuse) collaboration cinématographique entre le compositeur Alan Silvestri et le réalisateur Robert Zemeckis après A LA POURSUITE DU DIAMANT VERT, QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT,  les 3 épisodes de RETOUR VERS LE FUTUR, LA MORT VOUS VA SI BIEN, FORREST GUMP, CONTACT, APPARENCES, SEUL AU MONDE et LE POLE EXPRESS.

Le film sortira en France le 21 novembre et le CD le 20 novembre chez Warner Records.

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