01.02.2009
Critique : Les insurgés (Defiance) - James Newton Howard

LE FILM : **
LES INSURGES ne convainc guère malgré une histoire ambitieuse : retracer la résistance d'un maquis juif en Biolérussie pendant la deuxième guerre mondiale n'était sans doute pas une mauvaise idée, encore fallait-il une véritable personnalité derrière la caméra. Réalisateur autrefois plus inspiré (LEGENDES D'AUTOMNE, GLORY), le réalisateur Ed Zwick livre depuis quelques temps des films corrects mais qui n'atteignent pas le potentiel espéré de sujets pourtant intéressants (BLOOD DIAMOND, LE DERNIER SAMOURAI). LES INSURGES ne change malheureusement pas la donne : manque de rythme, personnages schématiques (malgré les efforts de Daniel Craig et de Lieb Schreiber dans le rôle des frères ennemis), scénario sans surprises, platitude de la mise en scène hormis deux ou trois séquences d'action, émotion factice, fin abrupte (le film s'arrête en plein milieu de l'histoire !)... cette LISTE DE SCHINDLER du pauvre ne vaut donc pas grand chose et on pourra facilement passer à côté sans regret.
LA MUSIQUE : *** 1/2
Sur un sujet aussi édifiant, il est évidemment tentant pour un compositeur de forcer le trait et de recouvrir le film de violonnades incessantes pour susciter la compassion. C'est le reproche que l'on pourrait effectivement faire au réalisateur Ed Zwick qui n'hésite pas à utiliser la musique de James Newton Howard avec une balourdise particulièrement regrettable. Appropriée aux images, mais omniprésente, elle peut apparaître comme trop "évidente" en voulant à tout prix souligner tous les évènements tragiques décrits dans le film.
Sur CD, la musique acquière pourtant une autre dimension. Voulant sans doute coller à l'imagerie sonore de la seconde guerre mondiale et plus précisément à l'exode déchirant du peuple juif, James Newton Howard a mis en avant le timbre du violon par l'intermédiaire de Joshua Bell, violoniste émérite. Plusieurs fois dans sa carrière, le compositeur nous a donnés de très grandes réussites valorisant un instrument soliste : le violon déjà pour le sublime VILLAGE, mais également le violoncelle pour LA NEIGE TOMBAIT SUR LES CEDRES et PHENOMENES dont certains morceaux étaient mémorables.

La place prépondérante accordée au violon permet à James Newton Howard de livrer une musique forcément bouleversante, dont le classicisme rappelle en cela les accents de LA LISTE DE SCHINDLER composée par le grand John Williams avec l'aide de Itzhak Perlman, le génie et la profondeur en moins. Conventionnelle et sans véritable prise de risque, la partition de James Newton Howard se révèle pourtant très belle du début à la fin et l'on ne peut que saluer la dextérité de Joshua Bell qui rend certains morceaux très attractifs de par l'émotion qu'ils dégagent.
Sombre et tragique lors du déroulement de l'exode, parfois tendue et atmosphériques lors des affrontements des frères Bielski avec les allemands (malheureusement sur CD, il manque plusieurs morceaux d'action marquants), la musique se veut également plus lumineuse et optimiste lors des moments de calme ou d'espoir. Impossible d'oublier par exemple les accents du morceau "Nothing is impossible" tant il séduit par sa beauté, son lyrisme exarcerbé rappelant en cela les meilleurs moments du VILLAGE.

Très riche mélodiquement, fort bien exécutée mais sans surprises, parfois monochrome et austère mais jamais ennuyeuse, la musique de James Newton Howard a peut être le malheur de trop puiser son inspiration dans la fameuse musique de John Williams, avec laquelle elle partage beaucoup (trop) de points communs. Elle rappelle toutefois que le compositeur peut signer des oeuvres exigeantes lorsque le sujet le demande, loin des facilités d'un DARK KNIGHT pour lequel on se demande encore s'il a vraiment écrit quelque chose. Espérons que l'année 2009 lui donne la possibilité de signer des réussites plus marquantes qui nous prouvent qu'il est encore l'un des plus grands.
Track listing
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| 1. | Defiance / Main Titles (02:26) |
| 2. | Survivors (02:10) |
| 3. | Make Them Count (02:39) |
| 4. | Your Wife (03:07) |
| 5. | The Bielski Otriad (05:17) |
| 6. | Bella And Zus (02:16) |
| 7. | Exodus (04:29) |
| 8. | Camp Montage (02:22) |
| 9. | The Wedding (01:36) |
| 10. | Winter (02:01) |
| 11. | Escaping The Ghetto (01:34) |
| 12. | Police Station (04:32) |
| 13. | Tuvia Kisses Lilka (03:16) |
| 14. | Nothing Is Impossible (07:33) |
| 15. | The Bielski Brothers / Ikh Bin A Mame (04:22) |
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Durée totale : 49'40 (dont James Newton Howard : 48'15)
Sony Classical (2008)
18:18 Publié dans James Newton Howard | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : daniel craig, ed zwick



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