24.05.2008

Critique : Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal - Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull - John Williams

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FILM : * 

MUSIQUE : **** 

"Indiana Jones et le mystère de la douche froide"... c'est ainsi que l'on pourrait perfidement appeler la quatrième aventure d'Indiana Jones au vu du piètre résultat actuellement en salles. Que dire de ce film, sans doute l'un des plus mauvais du duo Steven Spielberg / George Lucas...

A qui peut-on attribuer cette immense déception ??? A Steven Spielberg, réalisateur génial mais dont la mise en scène se révèle ici souvent impersonnelle (à quelques exceptions près), manquant de rythme et dont le savoir-faire tourne inexplicablement à vide dans de nombreuses scènes... A George Lucas, médiocre réalisateur, habile producteur et on aurait envie de le dire, fosseyeur des sagas les plus mythiques tellement son infantilisme est présent à l'écran ? Aux scénaristes David Koepp et Jeff Nathanson qui ont cru bon de raconter une histoire totalement invraisemblable, poussive, puérile (Nathanson n'est autre que le scénariste de RUSH HOUR 2 et 3 et SPEED 2, sacrés films) transformant Indiana Jones en lointain cousin de Fox Mulder, dans un univers qui n'est pas le sien? 

Un peu à tous, sans doute, aurait-on envie de dire après la vision de ce plantage organisé dans les règles de l'art. Du côté de l'interprétation, on n'est également pas en reste. Si Harrison Ford conserve sa classe naturelle et qu'on a plaisir à revoir Karen Allen (malheureusement réduite à une potiche de luxe), John Hurt et Ray Winstone incarnent des personnages ridicules et inutiles là ou John Rhys-Davies ou Denholm Elliot campaient des seconds rôles savoureux. La méchante jouée par Cate Blanchett se révèle vite exaspérante à cause d'un accent russe forcé et d'une coiffure à faire pâlir Mireille Mathieu, et le petit nouveau au nom imprononçable se contente de faire de la figuration en attendant son heure.

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N'en jetons plus : là ou Steven Spilberg nous promettait "un film d'aventures à l'ancienne", quelle surprise de se retrouver avec d'abominables effets spéciaux, des trucages numériques hideux, des transparences douteuses, des décors de carton pâte, un humour lourdingue. Les scènes d'action, excellentes dans les trois films, se révèlent poussives, sans imagination, voire copiées maladroitements sur les précédents volets (poursuite à moto = DERNIERE CROISADE, poursuite en camion = ARCHE PERDUE...). Aucune innovation, aucune idée un tant soit peu originale, le scénario a l'air d'être écrit par un ordinateur qui aurait inexplicablement buggé...

Aussi palpitante qu'une visite au Jardin des plantes, INDIANA JONES ET LE ROYAUME DE CRANE DE CRISTAL est donc un film jamais passionnant, à oublier très rapidement pour l'ensemble des participants qu'on espère piteux d'avoir participé à pareil spectacle... tous ?  on exonérera toutefois sans mal de cette purge le compositeur John Williams , le seul à avoir respecter sa part du contrat : le véritable "aventurier" de l'histoire, c'est lui.

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John Williams nous prouve une fois encore qu'il est le maître incontesté de la musique hollywoodienne à gros budget. Disons-le tout de suite : INDIANA JONES AND THE KINGDOM OF THE CRYSTAL SKULL est une oeuvre bien écrite, honnête à défaut d'être mémorable, mais qui contient quelques prises de risque qui justifient que l'on s'y attarde.

Comme d'habitude chez John Williams, le CD nous offre la musique en "version concert" et non telle qu'elle figure dans le film. Ainsi, on notera que la musique est présentée dans le désordre le plus complet et que le compositeur nous gratifie de plusieurs morceaux absents du film et non des moindres : "Raiders March", "The Adventures of Mutt" ou "Irina's theme".

Pendant plus d'1h17, le compositeur mélange avec intelligence les thèmes présents dans les anciens films avec des motifs inédits. Heureusement, Williams ne joue que partiellement la carte de la nostalgie et s'il cite fréquemment ceux que l'auditeur est en droit d'attendre (on retrouve avec plaisir le célèbre "Raiders march" procurant toujous les mêmes frissons de plaisir plus de 27 ans après sa conception, le "Love Theme" pour les retrouvailles entre Indy et Marion et de façon plus surprenante le thème de l'arche d'alliance lors des scènes situés dans l'Area 51), il ne sombre pas dans la paresse et sait nous offrir de nouveaux passages alternant avec savoir-faire, action, suspense et émotion.

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Ce qui surprend au premier abord, c'est l'aspect sombre qui recouvre petit à petit la musique de INDIANA JONES AND THE KINGDOM... Si le ton badin et enjoué est vite évacué, se révélant de toute façon assez décevant et anecdotique ("A whirl trough acadame", "The snake pitt"), le score devient plus tendu et plus éprouvant dès lors que les aventuriers s'approchent du but... le mystère s'installe ainsi durablement grâce à "Call of the Crystal" bien évidemment, dont les accents ténébreux rappellent irrésistiblement ceux de l'arche perdue, "Secret doors", "Orenella's cradle" ou même "Irina's thème", l'un des plus beaux morceaux de l'album : un thème inoubliable qui mêle tristesse et menaces.

On retiendra également plusieurs tours de force orchestraux dont Williams a le secret : "The jungle Pitt" ou "Ants", passages d'action brutaux, nerveux instaurant un climat de tension très éprouvant. On sera également (agréablement) surpris avec "The grave robbers", dont les percussions tribales sont d'une efficacité redoutable ou "Hidden treasure / The city of Gold" à l'atonalité stupéfiante. Un thème plus folklorique ("Welcome to Akator") devient finalement incongru au milieu de cordes angoissantes et de cuivres grinçants.

Le répit viendra finalement du long "End Credits" qui conclue de manière très satisfaisante cette odyssée musicale faisant le lien entre anciens et nouveau film, récapitulant fort judicieusement les thèmes associés aux personnages de la saga : Indiana Jones, Marion, Irina et Mutt. Vous l'aurez compris, la musique de ce quatrième "Indiana Jones" est probablement la meilleure bande originale parue depuis le début de l'année,  et contient suffisamment de morceaux accrocheurs, d'ambiances recherchées pour que l'on en fasse l'acquisition.

A 76 ans, John Williams démontre une fois encore qu'il n'est jamais aussi bon que lorsqu'il travaille avec Steven Spielberg et on attend avec impatience ses prochaines musiques (LINCOLN en 2009 si tout va bien). Pour l'heure, la musique de INDIANA JONES AND THE KINGDOM OF THE CRYSTALL SKULL constitue sans nul doute le meilleur avocat d'un film très inégal.

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Track listing :

1.  Raiders March (05:06)
2.  Call Of The Crystal (03:49)
3.  The Adventures Of Mutt (03:12)
4.  Irina's Theme (02:26)
5.  The Snake Pit (03:15)
6.  The Spell Of The Skull (04:24)
7.  The Journey To Akator (03:07)
8.  A Whirl Through Academe (03:34)
9.  "Return" (03:12)
10.  The Jungle Chase (04:23)
11.  Orellana's Cradle (04:22)
12.  Grave Robbers (02:29)
13.  Hidden Treasure / The City Of Gold (05:14)
14.  Secret Doors / Scorpions (02:17)
15.  Oxley's Dilemma (04:46)
16.  Ants! (04:14)
17.  Temple Ruins / The Secret Revealed (05:51)
18.  The Departure (02:27)
19.  Finale (09:20)

Durée total : 1h17min28sec, Concord Records, 2008